Sel et pathologies cardiaques

Sel et pathologies cardiaques : Concilier santé et plaisir

Votre cardiologue vous a diagnostiqué une pathologie cardiaque (hyper-tension, insuffisance cardiaque, post infarctus, athérosclérose …) et vous a demandé de réduire votre consommation de sel : mais comment faire simple, tout en gardant du goût ?

Rôles et besoin :

Le sel (chlorure de sodium) n’est pas à bannir totalement. Il est nécessaire à la vie.

Dans l’organisme il régule la pression artérielle, le volume sanguin et permet une bonne hydratation lors des chaleurs.

En excès, il augmente le volume sanguin générant une hypertension qui entraine des complications cardiaques et aggrave une pathologie déjà présente.

La consommation moyenne des Français est comprise entre 8 à 12 g de sel par jour. L’ANSES recommande 6 à 8 g de sel chez le sujet bien portant.

En cas de pathologies cardiaques, il est conseillé d’avoir une alimentation allégée en sel à raison de 5g par jour environ (régime hyposodé dit « large »).

En pratique comment réduire son apport pour une meilleure santé cardiaque ?

Il faut savoir que tous les aliments continent une légère concentration en sel : il est impossible de jouer sur ce tableau du sel natif.

Il faut donc « alléger » l’usage du sel de table et repérer les aliments riches en sel ou contenant du « sel » caché, pour les écarter de notre alimentation.

Cette gymnastique va vous permettre de réduire votre apport en gardant votre pain du boulanger (2g sur la journée), votre portion de 30g fromage, si besoin une pincée de sel dans votre potage par exemple (l’équivalent d’un petit sachet).

Et pour se faire plaisir, manger de temps en temps des produits comme la charcuterie (150g par semaine maximum) ou des aliments fumés.

Mise en application :

Dans un 1er temps, contrôler l’apport du sel lors de la préparation du repas (sel de cuisson + sel d’assaisonnement) et tendre petit à petit à supprimer ces derniers totalement.

Il faut se « déshabituer » au gout du sel :

Réduire fortement et supprimer le sel de table, toujours de façon progressive. Garder une pincée après cuisson pour un aliment fade naturellement comme une soupe

Privilégier les préparations maison : les industriels adorent le sel. C’est un exhausteur de gout et de plus il capte l’eau dans la préparation gonflant ainsi son poids.

Éviter les aliments où figure la mention « sodium » dans la liste des ingrédients (produits asiatiques, certaines confitures industrielles…)

Attention aux aliments en conserves ou en saumures (légumes verts, olives, morue, cornichons, thon.)

Écarter les produits non réduits en sel

Choisir des modes de cuissons comme à la vapeur/autocuiseur, étouffée, papillote …

La cuisson à l’eau classique provoque une perte de saveur importante.

Pour compenser la perte de gout, utiliser des aliments riches en goût :

            -huiles noix/olives (1ère pression à froid et bénéfiques pour la santé cardio-vasculaire)

            -vinaigres aromatisés (framboise, estragon, échalote.)

            -herbes fines fraiches (de saison si possible) ou surgelées : persil, basilic, aneth, ciboulette, sauge, romarin, origan, laurier, thym (classique, citron, à la rose), estragon.

Il est possible de faire soit même ses herbes fines congelées

            -épices : piment (Espelette, Cayenne), poivre (noir, gris), gingembre, cumin, muscade, carvi, badiane, coriandre, curcuma…

Attention : le curry ainsi que le « sel de cèleri » sont des produits salés : il convient de les écarter.

Astuce pour le curry il faut qu’il soit « sans sel ajouté ».

            -riz aromatisé au jasmin

            -remplacer le geste de la salière, par le produit suivant « Ciao le Sel Doux » (en magasin Bio, seule référence du marché sans potassium ni ingrédients salés) : mélange d’épices, d’herbes et de légumes.

            -ne surtout pas remplacer le sel de table par du « sel diététique » (en pharmacie « Sel Bouillet ») ou allégé en sodium (Sel Essentiel la Baleine) : ces produits sont riches en potassium, contre indiqué lors de pathologies cardiaques.

            -supprimer les aliments industriels avec plus de 1g de sel au 100g dans l’étiquette de la valeur nutritionnelle.

            -bouillons cubes/gélifiés/potages en poudres : ce sont des bombes de sel, le 1er ingrédient est le sel

Il faut repérer les mentions « – x% de sel » « sans sel ajouté » « réduit en sel » : c’est de plus en plus courant dans les rayons :

            Exemples :

            -coulis de tomate/tomates en boites à la place de sauces industrielles et ketchup.

            -utiliser du beurre doux et margarine sans sel

            -moutarde sans sel (en magasin bio), mayonnaise réduite en sel, cornichons, olives vertes

            -certains fromages industriels : buche de chèvre, fromage frais, roquefort, camembert, emmental râpé…

            -charcuterie : jambon blanc, jambon de pays, rosette, lardons, saucisson, paté Hénaff -pâtes farcies, pâtes fraiches …

            -thon, maquereaux, saumon fumé, hareng

            -bouillons cubes sans sel (rayon bio), bouillons liquides en briques (Maggi)

            -soupes au rayon frais

            -biscottes sans sel ou pain sans sel du boulanger si vous aimez

            -certains biscuits « diététiques » (gamme Gerblé)

            -pistaches et amandes sans sel

            -eaux pétillantes : privilégier la Salvetat, l’eau pétillante maison (Soda Stream)

Pour les eaux, il faut que la case sodium soit inférieur à 10mg/L.`

            Attention aux médicaments effervescents : 1 comprimé effervescent de Doliprane/Efferalgan contient 400mg de sel, soit 1,2g de sel à une posologie de 3 par jour : prendre des sachets à la place ou tout simplement des comprimés ou des gélules.        

En conclusion, chacun de vos efforts seront payants et bénéfiques pour votre santé.

L’utilisation de ces produits réduits en sel, vous permettra, au long cours d’arriver à la « cible » des 5g/ jour tout en gardant votre portion de pain, de fromage et un peu de sel d’ajout pour avoir dans l’ensemble des plats gouteux et surtout toujours du plaisir au niveau des papilles.

 

Gautié Roucariès Diététicien- Nutritionniste D.E.